Êtes-vous un procrastinateur?

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Par Shutterstock

Avez-vous déjà repoussé quelque chose d’extrêmement important jusqu’à la dernière minute en sachant pertinemment qu’il fallait le faire? La procrastination est le report ou la remise délibéré(e) d’une action ou d’une tâche qui devra éventuellement être réalisée. La plupart du temps, nous savons qu’ultimement nous ressentirons un inconfort accru à cause de ce délai. Jusqu’à un certain point, nous sommes tous des procrastinateurs.

Approximativement un cinquième de la population adulte et la moitié de la population étudiante se perçoivent comme étant des procrastinateurs sévères et chroniques (1). Pour certains, cela ne pose pas de problème majeur, mais pour d’autres, la procrastination est la source d’un stress considérable et d’anxiété qui peuvent être sévèrement débilitants (2).

Ce comportement peut avoir des conséquences négatives sur la performance, les relations sociales, ainsi que le bien-être (3). Cela n’est pas vraiment une problématique de gestion du temps. Les procrastinateurs sont typiquement conscients de ce qu’ils ont besoin d’accomplir, même s’ils n’en font rien, donc de procurer un agenda ou de recommander une nouvelle application de calendrier à la personne procrastinatrice présente dans votre vie n’y changera rien. La recherche suggère qu’il y a différents types de procrastinateurs, soit Léger, Moyen, Bien ajusté, Sévère, et Principalement déprimé.

Si les procrastinateurs sont constamment stressés, pourquoi donc continuent-ils à agir de la sorte? La procrastination est un comportement psychologique complexe qui est motivé par quelques raisons simples :

  1. La tâche semble trop difficile donc nous évitons de la faire pour faire quelque chose de plus facile
  2. La tâche nécessite une quantité de temps trop grande donc nous la reportons car nous n’avons pas ce temps disponible
  3. Nous ressentons que nous n’avons pas les connaissances ou les habiletés pour compléter la tâche et personne n’aime faire des erreurs
  4. Nous avons peur que les autres apprennent que nous ne sommes pas intelligents ou que nous avons gâché le travail demandé

Mettre fin à cette manière de penser signifie de vous entraîner à faire exactement le contraire chaque fois que vous vous attrapez à repousser les choses à plus tard. Cela prend de la PRATIQUE et d’ÊTRE EN ACTION. Un comportement est renforcé par les récompenses positives, lesquelles surviendront lorsque vous réaliserez que vous avez terminé quelque chose à temps et sans stress.

Parfois cependant, il y a des raisons profondes encore plus complexes expliquant pourquoi les gens sont des procrastinateurs chroniques. Ces raisons ne sont pas toujours évidentes pour le procrastinateur et de l’aide professionnelle additionnelle pourrait être requise pour surmonter les cause profondes de ce(s) problème(s).

Perfectionnisme: Ceux ayant des attentes ou normes irréalistement élevées qui croient que tout doit se dérouler adéquatement. Ces attentes peuvent être imposées sur eux par d’autres (parents, famille, collègues, etc.) ou auto-imposées. Les personnes perfectionnistes ont tendance à critiquer davantage qu’elles ne félicitent. Le perfectionniste voudra tout réaliser, pourra reporter le commencement de projets parce qu’il se sent écrasé par l’énergie que cela lui demandera de réaliser quelque chose, et pourra utiliser des mots tels que devrait, obligé de, doit, avoir à, etc.

Colère/Hostilité: La procrastination peut apparaître en réponse à la colère ou l’hostilité envers quelqu’un, comme un professeur, un coach, un collègue, un parent ou un autre être aimé. La tâche est reportée afin de contrarier ou de se venger, cependant, le procrastinateur perd toujours à la fin.

Faible tolérance à la frustration: Certaines personnes sont très facilement écrasées et ont tendance à trouver les situations intolérables ou injustes pour eux. Elles sont toujours la victime. Elles ont tendance à chigner, à se plaindre beaucoup, à sentir que les choses sont injustes ou trop difficiles, ainsi que d’exprimer comment ils se sentent comme la seule personne qui doit faire ce qu’elles ont à faire. Elles remettent donc les choses à plus tard jusqu’à ce qu’elles se sentent mieux, excepté qu’elles se sentent de la même manière le lendemain.

Doute de soi: Cela décrit typiquement une personne qui se rabaisse continuellement et qui tend à ne pas croire en elle-même, même lorsque c’est clairement évident qu’ils connaissent du succès. Ces personnes ont tendance à croire que tout accomplissement est le résultat de la chance et ont une grande difficulté à accepter les louanges ou les compliments pour leur travail ou leur performance. Ce type de système de croyances entraîne les personnes à procrastiner parce qu’elles ne croient tout simplement pas en elles-mêmes ou en leur capabilité à atteindre certains niveaux de réalisations. Elles sont inconfortables avec le succès et trouveront des manières de vivre moins de succès et d’être moins visible.

Écris par Mayte Parada, PhD

Centre de Thérapie de Montréal

 

Citations tirées de:

  1. Rozental, A., Forsell, E., Svensson, A., Forsstrom, D., Andersson, G., Carlbring, P. (2015). Differentiating procrastinators from each other: A cluster analysis. Cognitive behavior therapy, 44, 80-90.
  2. Sirois, F. M. (2007). ‘‘I’ll look after my health later”: A replication and extension of the procrastination-health model with community-dwelling adults. Personality and Individual Differences, 43, 15–26
  3. Pychyl, T. A., & Flett, G. L. (2012). Procrastination and Self-Regulatory Failure: An Introduction to the Special Issue. Journal of Rational-Emotive & Cognitive-Behavior Therapy, 30, 203-212.