Les signes précoces de dépression

Il n’est pas rare d’entendre une personne dire qu’elle est « très déprimée » pour décrire un sentiment général ou sa réaction à un évènement éprouvant. Cependant, le terme clinique « dépression » implique un état plus sérieux que celui d’être abattu par une situation difficile. La dépression décrit une condition préoccupante qui nécessite de l’attention et un traitement psychothérapeutique ou médical ou, dans plusieurs cas, une combinaison des deux. La dépression clinique, aussi appelée « trouble dépressif majeur », est généralement confirmée par un psychothérapeute ou un psychiatre qui se penche sur 5 symptômes présents depuis au moins 2 semaines.

Alors, comment différencier cafard et dépression chez une personne ? Quels sont les facteurs de risque ? Il existe plusieurs signaux d’alarme associés à la dépression clinique.

Les sentiments

Chez les personnes atteintes de dépression, le sentiment de tristesse est souvent décrit comme un vide, un trou béant. Certaines vont parler de désespoir et d’anxiété. D’autres vivront un engourdissement émotionnel, comme si elles ne ressentaient plus rien.

On retrouve aussi un sentiment d’inutilité ou d’impuissance, comme si toute tentative était vaine. D’autres se sentiront coupables ou médiocres : elles se croient responsables des comportements et des réactions d’autrui, ou elles ont l’impression de ne rien apporter à ce monde. Celles-ci peuvent mal interpréter un évènement banal du quotidien comme une évidence de leur démérite. Elles éprouvent parfois un sentiment démesuré de responsabilité envers les difficultés des autres. Une personne sérieusement affectée par la dépression peut même se sentir responsable de problèmes qui dépassent largement sa portée, comme la pauvreté dans le monde ou l’itinérance.

Dans les cas graves, des pensées liées à la mort ou au suicide peuvent faire surface. Cela peut aller jusqu’à planifier la manière de s’enlever la vie. Si une personne que vous connaissez vous a communiqué ce genre d’idées, il est extrêmement important qu’elle obtienne de l’aide pour empêcher le pire. Elle doit savoir que ces sentiments sont traitables avec une aide adaptée. Il faut immédiatement chercher le soutien nécessaire.

Si vous craignez qu’un de vos proches ne se fasse du mal, la meilleure solution est de se présenter à l’urgence de l’hôpital le plus près. La majorité des hôpitaux ont un psychiatre sur appel qui peut évaluer la personne et, si nécessaire, offrir la médication qui l’aidera à surmonter la crise et créer un plan de sécurité. Il est aussi primordial d’informer la personne souffrante des numéros d’urgence comme le 911 ou les lignes de crise (comme Tel-Aide ou Suicide Action Montréal). Elle pourrait vouloir chercher de l’aide sans en parler à un ami ou à un membre de la famille.

Les comportements

En plus des sentiments de vide, de culpabilité, de désespoir et d’anxiété, les personnes atteintes de dépression peuvent montrer des signes comportementaux comme la perte d’intérêt pour certaines activités. Elles ne voient plus l’attrait des activités autrefois plaisantes. Elles perdent l’envie de voir leurs amis, de faire de l’exercice ou d’aller se promener, et préfèrent rester seules à la maison. Le retrait des activités devient de plus en plus prononcé si la personne ne cherche pas de soutien, ce qui ne fait qu’amplifier les sentiments liés à la dépression.

Certaines personnes dépressives parlent d’épuisement. Elles se sentent toujours fatiguées peu importe le nombre d’heures passées à dormir, ou ont l’impression d’avoir constamment un nuage au-dessus de leur tête. Le contraire peut aussi se produire. Dans ce cas, on ressent une agitation et un besoin constant d’être en mouvement. Cela donne l’impression d’une anxiété incontrôlable qui ne peut être retenue qu’en se gardant occupé.

On observe parfois un changement d’appétit. Chez certaines, leurs sentiments leur coupent l’appétit, ce qui amène une perte de poids. Pour d’autres, la nourriture est une source de réconfort qui leur fait prendre du poids. Cette prise de poids combinée à la fatigue et à la diminution de l’activité physique peut devenir nuisible pour la santé et l’estime de soi.

Les symptômes cognitifs

La dépression peut affecter la capacité de concentration, ce qui peut amener à faire régulièrement des erreurs et à oublier des choses de façon inhabituelle. On peut trouver difficile la prise de décisions.

Les symptômes physiques

Une dépression qui perdure peut avoir des répercussions physiques qui ne paraissent pas rattachées de façon évidente à l’état psychologique. Certaines personnes ont des maux de tête chroniques, des inconforts ou des douleurs physiques, des crampes ou des problèmes digestifs récurrents. Les maux de dos sont fréquents. Souvent, la cause de ces symptômes ne peut pas être clairement expliquée.Certaines personnes dépressives dorment plus qu’à l’habitude (parfois une journée complète) en raison de la fatigue décrite précédemment. D’autres ne veulent pas dormir ou n’arriveront pas à s’endormir à cause de leur agitation.Si vous reconnaissez certains de ces signes chez vous ou chez un proche, n’hésitez pas à chercher de l’aide. Il est possible qu’ils soient associés à la dépression. La première étape est d’en parler à son médecin. En ce qui concerne le diagnostic de la dépression, il peut être posé par un psychologue ou un psychiatre.

Veuillez noter que le genre masculin est utilisé dans le seul but de ne pas alourdir le texte et qu’il désigne aussi bien les femmes que les hommes.

 

Par: Mayte Parada, PhD