Le choc émotionnel de l’infertilité

L’infertilité a des répercussions émotionnelles, physiques et financières sur les deux conjoints. Cette situation crée des tensions auprès de la famille et des amis.

L’infertilité est un problème médical caractérisé par l’incapacité de concevoir un enfant ou de mener une grossesse à terme. Un couple reçoit habituellement un diagnostique d’infertilité après une année de rapports sexuels fréquents et non protégés sans arriver au résultat espéré.

On estime que 10 à 15 % des couples sont infertiles. Environ 35 % de ces cas sont attribuables à des problèmes physiques chez la femme, et un autre 35 % chez l’homme. Les autres cas trouvent leur cause chez les deux partenaires ou demeurent inexpliqués.

Pourquoi l’infertilité est-elle dévastatrice?

Dealing with the Emotional Impact of Infertility

Dealing with the Emotional Impact of Infertility

L’incapacité de concevoir un enfant peut devenir l’une des plus grandes épreuves dans la vie d’une personne ou d’un couple. Elle a des conséquences émotionnelles, physiques et financières. Elle peut amener une immense tension entre les membres du couple ainsi qu’avec leur famille et leurs amis. Sur le plan physique, les examens et les tests mensuels, hebdomadaires, ou même quotidiens peuvent être gênants, épuisants et très dispendieux. La médication comprend parfois des effets secondaires. Des injections sont parfois requises quotidiennement. La chirurgie est souvent nécessaire et peut comporter plusieurs interventions.

Au cours des mois ou des années de traitement, l’intimité physique et émotionnelle du couple est constamment transgressée. Au fil des examens, des prélèvements de liquides corporels ou des dons de spermes pour la dixième, vingtième ou cinquantième fois, certains finissent par se détacher de leurs émotions.

Pendant ce temps, la famille, les amis et les collègues attendent impatiemment la bonne nouvelle. Le couple s’habitue à devoir rendre des comptes et à faire disparaître les sourires chargés d’espoir. Ils reçoivent toutes sortes de commentaires comme « tu devrais prendre un mois de congé et te reposer », « des vacances te feraient du bien » ou « c’est un problème plutôt amusant : au moins tu as du plaisir en essayant ».

Pour rendre la situation encore plus éprouvante, le couple reçoit sans cesse l’annonce d’une nouvelle grossesse. En fait, il lui semble parfois que la Terre entière est enceinte.

Tous ces facteurs donnent un sentiment d’échec à la personne infertile. Il refait surface chaque fois qu’un traitement échoue ou qu’une autre grossesse est annoncée. Après chaque procédure et chaque traitement dispendieux sans aboutissement, la déception se transforme petit à petit en un sentiment d’effondrement.

De nombreuses personnes infertiles deviennent dépressives ou anxieuses. Le climat au sein du couple et de la famille devient parfois insupportable. L’estime de soi des deux conjoints prend un dur coup. Ils ressentent de la solitude, de la tristesse et de la colère. Les déceptions accumulées cèdent leur place à l’engourdissement, puis à la dépression.

L’infertilité est souvent accompagnée d’un sentiment de culpabilité. Certaines personnes craindront que leur conjoint ne les quitte; d’autres proposeront le divorce.

La personne infertile peut se détacher de ses émotions et ne pas avoir envie d’intimité. Certaines personnes rompent leurs liens avec leurs proches. Elles trouvent des raisons d’éviter les évènements sociaux par peur d’être soumises à des discussions sur la grossesse, les enfants ou l’infertilité.

Il est pénible de se retrouver avec des amis ou des membres de la famille qui, eux, ont des enfants ou vivent une grossesse. Cette lourdeur s’accentue lorsque la personne a consommé une grande quantité de drogue puisque celle-ci altère les émotions. Cet effet est d’autant plus observé chez les femmes.

Soigner sa santé émotionnelle

L’infertilité surprend. La plupart d’entre nous pensons pouvoir grandir, nous marier et avoir une famille, comme les autres. Lorsqu’un couple découvre son infertilité, il est souvent surpris d’être si bouleversé.

Mais pourquoi un tel désespoir? La plupart de ces couples comprennent peu à peu tout le désarroi derrière le diagnostic. Bon nombre d’entre eux cherchent l’aide d’un professionnel parce qu’ils réalisent l’importance de se former un réseau de soutien et de profiter des ressources à leur disposition. Lorsque l’un des conjoints commence à ressentir les répercussions de l’infertilité, il est préférable de faire appel aux services d’un professionnel en santé mentale qui comprendra les émotions et les épreuves rattachées à cette réalité.

Les difficultés reliées à l’infertilité sont complexes. Pour cette raison, il est important de trouver un thérapeute spécialisé dans les cas d’infertilité car il connaîtra les répercussions possibles sur la relation, la famille et chacun des conjoints. Plusieurs couples trouvent régulièrement un réconfort auprès d’un groupe de soutien formé d’autres couples dans leur situation.

L’infertilité est avant tout un problème d’ordre médical, mais il ne faut pas mettre de côté les dimensions émotionnelles et psychologiques. Il est particulièrement important de chercher le soutien d’un groupe ou d’un psychothérapeute lorsque :

  • Vous commencez une nouvelle phase de traitement.
  • Vous vivez l’échec d’un nouveau traitement.
  • Vous êtes confrontés à des décisions difficiles au sujet du traitement.
  • Vous considérez des options telles qu’une mère porteuse et le don de sperme ou d’ovules.
  • Vous pensez mettre fin aux traitements médicaux.
  • Vous envisagez l’adoption.
  • Vous ressentez — ou votre conjoint ressent — des émotions dérangeantes qui ne s’estompent pas.
  • Vous vivez des relations tendues avec votre conjoint, votre famille ou vos amis.
  • Vous vous isolez à cause de l’infertilité.

Bien qu’un psychothérapeute n’ait pas de pouvoir sur l’infertilité, il accompagne le couple lors du traitement en se penchant sur la communication et le soutien des proches.

Si l’infertilité vous pèse et vous ressentez le besoin d’en parler et d’avoir du soutien, communiquez avec le Centre de thérapie de Montréal. Nous vous jumellerons avec un psychothérapeute en consultation individuelle ou conjugale.

Veuillez noter que le genre masculin est utilisé dans le seul but de ne pas alourdir le texte et qu’il désigne aussi bien les femmes que les hommes.