En quoi consistent les autosoins (« self-care ») ?

par Mayte Parada, M. Sc. A., Ph. D.

 

Le 24 juillet est la journée internationale des autosoins. Cette journée sert à nous rappeler que prendre soin de soi est incroyablement bénéfique pour notre bien-être mental et physique. Le concept d’autosoins gagne en popularité, mais tous ne connaissent par leur signification ni leur importance.

Les autosoins vont au-delà du bain moussant que l’on prend lorsque l’on se sent stressé. Bien sûr, s’accorder une activité relaxante peut aider sur le coup. Cependant, prendre des mesures quand on est déjà dans un état de stress est seulement la moitié du remède. Les autosoins sont un concept beaucoup plus large qui englobe ce qu’une personne fait pour elle-même afin d’être et de rester en santé, ainsi que pour prévenir la maladie. Ils comprennent, entre autres, l’hygiène personnelle et générale, le type d’aliments consommés et leur qualité, le mode de vie, les milieux de travail et de vie, les conditions socioéconomiques, et l’automédication.

La définition d’autosoins proposée par l’Organisation mondiale de la Santé couvre toutes les sphères de la vie d’une personne, mais n’inclut pas une description pratique permettant à tous d’instaurer des habitudes quotidiennes d’autosoins. Pour sa part, la  International Self-Care Foundation (la fondation internationale d’autosoins) propose une approche concrète qui aborde tous les éléments fondamentaux des autosoins.

Les 7 piliers des autosoins

  1. Les connaissances en santé. Avoir les compétences et les connaissances de base relatives à la santé. Être capable d’obtenir les renseignements recherchés en matière de santé, les comprendre et les traiter. Savoir s’y retrouver parmi les services en santé afin de prendre des décisions élémentaires pour soi.
  2. La conscience de son état de santé physique et mentale. Connaître son taux de cholestérol, sa pression artérielle, son poids ou son indice de masse corporelle, et ses antécédents familiaux (les maladies physiques ou mentales présentes dans sa famille qui pourraient nous toucher). Prévoir des suivis réguliers auprès de son médecin.
  3. L’activité physique. Faire régulièrement de l’activité physique d’intensité modérée comme la marche et le vélo, ou pratiquer un autre sport qui fait augmenter la fréquence cardiaque.
  4. Une alimentation saine. Avoir une alimentation équilibrée et consommer des aliments nutritifs. Éviter les excès de sucres, de gras et d’aliments transformés.
  5. Évitement ou réduction des risques. Éviter les habitudes risquées comme fumer, boire de l’alcool avec excès et consommer des drogues. Adopter des comportements préventifs comme utiliser de l’écran solaire, se protéger lors des relations sexuelles, dormir suffisamment, et se faire vacciner.
  6. Une bonne hygiène. Se laver les mains, nettoyer sa nourriture, porter des vêtements propres, se brosser les dents et prendre sa douche régulièrement.
  7. Une utilisation rationnelle et responsable des produits, des services, des diagnostics, et des médicaments. Être conscient des produits dangereux à la maison et au travail, et prendre les précautions adéquates lorsque nécessaire. Prendre des médicaments selon la fréquence prescrite et aux moments prescrits. Se présenter aux rendez-vous médicaux ou thérapeutiques.

Pourquoi ne met-on pas ces autosoins en pratique ?

Ces piliers ne vous ont sans doute pas surpris. En fait, vous pensez peut-être qu’ils sont une évidence. Mais la réalité est que de nombreuses personnes trouvent difficile de les adopter et de les suivre. La International Self-Care Foundation l’explique par plusieurs raisons : la pensée que l’on est à l’abri de la maladie (que les risques sont exagérés) ; la procrastination et la difficulté de s’engager à faire des changements ; la perception que ces changements demandent trop de temps, d’argent et d’énergie ; et l’idée qu’il en revient au médecin de traiter une personne lorsqu’elle est malade, et qu’il ne s’agit pas d’une responsabilité personnelle.

Les bienfaits d’un engagement

Peu importe les raisons qui nous empêchent d’appliquer ces autosoins, les faits démontrent qu’ils sont importants au maintien de la santé et du bien-être jusqu’à un âge avancé. En suivant ces principes, on peut retarder ou même prévenir l’apparition de problèmes de santé comme l’infarctus, l’AVC, le diabète, la dépression, et l’anxiété. Cette prévention nous épargne de nombreux rendez-vous médicaux additionnels, et permet aux professionnels de la santé de se consacrer aux autres problèmes graves. Ainsi, vous vous rendez service, et donnez un précieux coup de pouce à tout le réseau de la santé.

Astuces pour intégrer les autosoins à votre quotidien

D’autres moyens sont à votre disposition afin d’intégrer les autosoins à votre routine quotidienne. Premièrement, vous pouvez prendre de courtes pauses au cours d’une journée chargée pour réduire votre niveau de stress. Deuxièmement, passez du temps dehors. Être dehors aide à diminuer la pression artérielle et la fatigue, et à combattre les symptômes de dépression et d’épuisement professionnel, surtout si vous vous adonnez à des activités physiques comme la marche et la randonnée en montagne. Troisièmement, organisez bien votre emploi du temps. Si vous sentez que c’est une source de problèmes dans votre vie, ceci est un très bon point de départ. Un changement aussi petit que tenir un calendrier ou un agenda vous aidera à organiser vos responsabilités. Quatrièmement, cuisinez. C’est un bon moyen de manger sainement, de rester actif, et peut-être même de socialiser avec la famille et les amis. Cherchez des recettes santé pour vos lunchs de la semaine. Pour conclure, peu importe quelles activités vous choisissez pour prendre soin de vous, mettez-les à l’horaire et n’y dérogez pas ! Vous sentez peut-être que libérer du temps pour vous-même représente un vrai casse-tête, mais il est primordial de le faire régulièrement et de le mettre au programme.

 

Référence :

INTERNATIONAL SELF-CARE FOUNDATION. International Self-Care Foundation, [En ligne], mis à jour en 2020, Royaume-Uni [www.isfglobal.org/].