Construire l’Habileté à Avoir du Cran Pour Atteindre Vos Buts

En tant qu’entrepreneure, kickboxeuse, coach et thérapeute, j’ai développé un fort intérêt pour la performance, la motivation et les divers facteurs qui contribuent à ce qu’une personne obtienne du succès et atteigne ses buts. Je tiens compte de ces facteurs avec les personnes avec lesquelles je travaille au quotidien pour les aider à atteindre leurs propres buts, gagner des compétitions et se construire des vies meilleures.avoir du cran

Une source d’inspiration pour moi pour atteindre mes buts avec succès a été le livre d’Angela Duckworth “Grit: The Power of Passion and Perseverance.”  À ce temps-ci de l’année, quand chacun parle à propos de prendre et de maintenir ses résolutions pour la Nouvelle Année, il semble que de passer un peu de temps à en apprendre un peu plus sur ce que signifie avoir du cran est une bonne manière de commencer.

Avoir du cran est l’habileté de s’accrocher à quelque chose, de persévérer malgré les revers, les obstacles et les échecs, même lorsque les choses deviennent difficiles. Ce n’est pas tout le monde qui vise de devenir un athlète de haut niveau, de faire partie du commando d’élite de l’armée ou d’être le plus performant de son équipe, mais il y a quelques principes relatifs au fait d’avoir du cran qui peuvent être aidants pour tous. Avoir du cran nous permet de passer au travers un évènement difficile alors que nous préférerions abandonner. Plusieurs d’entre nous peuvent débuter un nouveau projet avec passion, excitation et enthousiasme, mais combien de nouvelles adhésions au gym sont vendues alors que ceux qui veulent reprendre leur forme en main entreprennent de réaliser leurs résolutions pour la Nouvelle Année? Les gens s’intéressent à des sports et à des passe-temps, promettent de s’auto-améliorer, débutent des diètes plus saines, se font le pari d’arrêter de fumer… plus souvent qu’autrement, ils font face à des revers, atteignent un plateau ou simplement perdent l’enthousiasme du début, et puis abandonnent.

Plusieurs d’entre nous tiennent pour acquis que tout est une question de talent. Duckworth présente un argument convaincant, à savoir que le talent peut avoir, en réalité, très peu à voir avec un résultat de réussite. Au contraire, l’habileté de persévérer et de s’accrocher à quelque chose, souvent contre toute attente, peut être un meilleur prédicteur de succès. Le talent se résume à comment rapidement vos compétences s’améliorent lorsque vous investissez de l’effort. L’accomplissement est ce qui survient lorsque vous prenez les compétences acquises et que vous les utilisez.

À quel point avez-vous du cran? Faites le test :

https://angeladuckworth.com/grit-scale/

Peu importe quel est votre score, vous pouvez travailler pour améliorer votre habileté à démontrer du cran. Voici quelques conseils pour vous aider à cheminer en ce sens :

1. Cultivez vos intérêts.

C’est important de tenter d’identifier ce que vous aimez, puis de le mettre en pratique plus souvent. Lorsque nous aimons ce que nous faisons, c’est beaucoup plus facile d’en être passionné. Nous avons plus de chance d’être plus satisfaits avec notre travail lorsque celui-ci est en accord avec nos intérêts. Lorsque nous sommes plus satisfaits, nous performons mieux. Même si nous ne pouvons pas tous être des vedettes internationales, des astronautes ou des premières ballerines, nous pouvons faire le point sur nos intérêts, découvrir ce que nous aimons, ce qui nous tient vraiment à cœur, et de manière encore plus importante, ce que nous n’apprécions vraiment pas.

Nous pouvons aussi avoir pour but de cultiver nos intérêts et passions à l’extérieur de nos vies professionnelles en trouvant des loisirs et des passe-temps satisfaisants. Un petit conseil : de nouveaux intérêts ne se découvrent pas au travers un processus d’introspection, mais plutôt grâce à l’expérience. Donc, sortez dehors et explorer les choses qui n’auraient pas éveillées votre intérêt à prime abord ou essayer quelque chose de nouveau qui vous fascine.

2. Développer votre capacité à pratiquer de manière rigoureuse.

Ce n’est pas facile d’apprendre de nouvelles compétences et d’avoir l’endurance de passer de bon à excellent. Pour vraiment maîtriser quelque chose, vous devez vous préparer à y rester engagé sur le long terme.

Certains auront peut-être entendu parler de la règle des 10 000 heures basée sur le travail du psychologue d’orientation cognitive, Anders Ericsson. Ericsson, qui a étudié des experts de classe mondiale de diverses disciplines, des athlètes aux musiciens professionnels, en passant par les joueurs d’échecs, a découvert que ceux qui avaient atteint leur plus haut niveau avaient compilé plus de 10 000 heures de pratique délibérée dans leur discipline respective.

Encore une fois, ce n’est pas tout le monde qui a l’ambition d’investir le temps ou qui s’engage à devenir un participant de calibre mondial, mais il y a quelques principes qui peuvent s’appliquer à tous.

Premièrement, gardez à l’esprit que l’atteinte de la maîtrise prend du temps. Dans mon rôle de coach de kickboxing, j’ai vu des athlètes devenir frustrés et découragés quand ils échouaient à exécuter une nouvelle compétence de la manière souhaitée ou quand ils perdaient un combat. Parfois, lorsqu’ils font face à ces obstacles, ils veulent abandonner. Ceux qui sont en mesure de passer au travers ces moments difficiles et qui continuent à pratiquer s’améliorent inévitablement.

Un autre point utile à savoir est que ce n’est pas juste la pratique, mais bien la pratique délibérée qui mène à l’amélioration. Qu’est-ce qu’est donc la pratique délibérée? La pratique délibérée signifie que vous vous établissez des buts, avec des cibles identifiées qui sont basées sur des aspects spécifiques de votre performance que vous tentez d’améliorer. Par exemple, dans ma pratique en tant que thérapeute, nous regardons souvent les pensées négatives et les distorsions cognitives comme des cibles spécifiques et identifiables pour commencer le processus de travail. Je demande à mes clients de remplir un journal de leurs humeurs au quotidien pour monitorer leurs pensées lorsque des émotions négatives sont déclenchées et nous commençons ainsi à voir certains thèmes communs qui émergent. Avec le temps, et une pratique délibérée, ces pensées automatiques, qui peuvent mener à l’anxiété et la dépression, peuvent être modifiées et transformées. Cela prend beaucoup de dévouement et un travail acharné, mais j’ai vu de nombreuses personnes surmonter des schémas profondément ancrés de pensées auto-dépréciatives.

3. Développer un sentiment d’utilité.

Il peut être très difficile de maintenir un intérêt sur le long terme sans avoir un sentiment d’utilité. Un sentiment d’utilité signifie que notre passion est d’une quelconque façon reliée à une contribution au bien-être d’autrui.

Angela Duckworth illustre ceci avec le récit de la parabole des trois maçons. Lorsqu’on lui a demandé, le premier maçon a dit qu’il posait des briques. Le deuxième maçon a dit qu’il construisait une église. Le troisième maçon a dit qu’il construisait la maison de Dieu. Ceux-ci montrent les différences entre un emploi, une carrière et une vocation.

4. Conserver un sentiment d’espoir.

Dans le but d’évoluer et de développer notre capacité à avoir du cran, nous devons conserver un sentiment d’espoir tout au long de la route, même lorsque nous avons des doutes. Un concept important à aborder ici est celui de l’optimisme appris. Les optimistes sont tout aussi susceptibles de faire face à des revers et des évènements négatifs dans la vie, mais ce qui les différencie est la manière qu’ils ont de penser à propos de ces difficultés.

Les optimistes tendent à chercher les causes temporaires et spécifiques de leurs revers, alors que les pessimistes ont tendance à croire que des causes plus permanentes ou inévitables sont à blâmer. Par exemple, lorsqu’il obtient une mauvaise note, l’optimiste peut être plus susceptible de l’attribuer à un problème avec les compétences de gestion du temps ou des habitudes d’étude inefficaces, tandis que le pessimiste peut l’attribuer à sa stupidité ou à blâmer le professeur ou un problème avec le système éducatif. De toute évidence, lorsque nous nous efforçons de maintenir une perspective optimiste, nous avons le pouvoir de  reprendre le contrôle du résultat.

Alors que 2017 débute à peine, quels sont vos objectifs? Pouvez-vous passer quelques instants cette année pour cultiver vos intérêts? Essayez peut-être ce cours de cuisine auquel vous avez toujours voulu vous inscrire? Prendre une classe d’art? Apprendre à danser? Avez-vous déjà une passion? Pouvez-vous consacrer un peu plus de temps à approfondir votre intérêt et appliquer certains des principes de la pratique délibérée?

Je vous souhaite à tous une année heureuse (et remplie de cran)!

Par Rebecca Murray, Directrice, Centre De Therapie De Montréal