Six conseils pour les parents afin d’aider leur adolescent à développer une saine estime de soi

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Les parents continuent de jouer un rôle important dans le développement de l’estime de soi de leur adolescent. Voici six conseils afin d’aider votre adolescent à développer une saine estime de soi.

1. Communiquez et soyez émotionnellement disponible

Pendant l’adolescence, la dépendance face aux parents diminue graduellement au profit des relations avec les pairs. Les parents peuvent percevoir ceci comme de l’éloignement de la part de leur enfant et en venir à penser qu’ils ne jouent plus un rôle important dans sa vie. À l’adolescence, l’autonomie s’établit, non pas au détriment d’une saine relation avec les parents, mais bien grâce à celle-ci. Pendant cette période, non seulement les différends entre les parents et les adolescents sont communs, mais en plus, les moments de qualité passés ensemble deviennent de moins en moins fréquents.

Les parents continuent de jouer un rôle primordial pendant l’adolescence et sont en mesure de maintenir un fort lien émotif en démontrant de l’affection, du soutien, du respect et de la compréhension. Garder les lignes de la communication ouvertes en discutant, en montrant de l’intérêt, en étant engagé et en accordant de l’attention est important, et ce, même si vous avez l’impression que votre enfant se distancie de vous. Être présent, discuter et tirer un sens des expériences que votre adolescent partage avec vous améliorera son estime de soi et ses compétences émotionnelles.

Ne soyez pas rancunier après les conflits et tâchez de revenir à un état neutre si vous vous sentez frustré face aux comportements de votre adolescent. Prenez une grande respiration et souvenez-vous que votre but est de découvrir la motivation profonde de ses actions afin de pouvoir réagir de manière réfléchie, avec affection et compassion. Les adolescents qui ont des parents qui sont émotionnellement disponibles et qui encouragent leurs efforts tendent à intérioriser l’idée qu’ils ont de la valeur et qu’ils sont compétents. Ces deux éléments s’avèrent importants dans le développement et le maintien d’une saine estime de soi à l’âge adulte.

2. Soutenez la réussite scolaire tout en encourageant les buts réalistes

L’autocritique est à son apogée pendant l’adolescence. Quelques stratégies habituellement employées par les adolescents pour protéger et maintenir leur estime de soi sont de se comparer à des pairs qui sont pires qu’eux, attribuer les échecs à des causes extérieures ou réduire l’importance donnée à des situations qui n’ont pas été réussies.

Quand les adolescents éprouvent des difficultés à l’école, ils peuvent attribuer leurs échecs à des traits de leur personnalité ou à des déficiences dans leurs habiletés. Ceci pourrait créer un sentiment de désespoir qui les incitera à arrêter d’essayer. Si vous remarquez que votre adolescent utilise ces moyens de défense ou qu’il juge ses habiletés de manière irréaliste, vous pouvez l’aider à recadrer ses modes de pensées pour qu’ils deviennent plus réalistes. La rétroaction donnée par les parents devrait contenir des efforts et des discussions portant sur la façon dont le succès peut être atteint, soit par le labeur et la persistance. Aidez votre adolescent à déterminer si ses aspirations sont réalistes. Si ce n’est pas le cas, échangez avec lui afin de l’aider à se fixer des buts atteignables. Aidez-le à établir des buts et des idéaux bien à lui, plutôt que de convoiter ceux des autres. Expliquez-lui que la valeur d’une personne ne se détermine pas en se comparant aux autres, mais bien en faisant de son possible et en travaillant au mieux de ses capacités. Aidez votre enfant à développer ses compétences et s’il éprouve des difficultés scolaires, soutenez-le en partenariat avec son professeur, en embauchant un tuteur ou en vous asseyant avec lui et en l’aidant à surmonter les obstacles, tout en soulignant et en encourageant ses forces.

3. Promouvez l’estime de soi corporelle

Les émotions engendrées par l’apparence physique sont d’importants indicateurs de l’estime de soi générale pendant l’adolescence. Les filles, qui souvent prennent du poids pendant la puberté, sont particulièrement vulnérables de développer une image corporelle négative d’elles-mêmes en raison du bombardement de messages véhiculés par les médias quant à ce que le type de corps idéal devrait être. À l’inverse, les changements que les garçons expérimentent à la puberté, soit une augmentation de la masse musculaire et de la force, affecteront de façon positive leur estime de soi. L’apparence physique est quant à elle plus difficile à modifier et mènera parfois à des pratiques malsaines telles que des diètes pour ceux qui ont une perception négative de leur image.

Aidez votre adolescent à retrouver une vision de lui-même positive en lui demandant d’identifier ses forces et ses attributs dont il est fier. Amorcez des discussions sur les médias et les messages irréalistes de perfection qu’ils transmettent. Encouragez votre adolescent à se joindre à une équipe sportive ou à commencer une nouvelle activité qui améliorera ses compétences physiques, développera de nouvelles habiletés et lui procurera un sentiment de bien-être.

4. Aidez votre adolescent à développer des relations sociales positives

L’acceptation sociale et l’approbation des autres sont souvent intimement liées à l’estime de soi et sont d’importantes variables prédictives. Ainsi, bien que les croyances qu’un adolescent entretient à l’égard de sa réussite scolaire, de son image corporelle et de ses compétences athlétiques jouent un rôle important dans l’estime de soi, les relations avec les pairs et le soutien social sont souvent encore plus importantes. Si votre enfant manque de soutien de la part de ses pairs, aidez-le à améliorer ses compétences de façon à pouvoir créer des relations positives avec les autres, que ce soit par ses qualités interpersonnelles, la communication, l’empathie ou ses compétences sociales.

Ce rôle que vous jouerez auprès de votre adolescent est une façon puissante de l’aider à acquérir des compétences dans plusieurs champs comme maintenir le contact visuel, accepter la critique, assumer ses responsabilités dans des situations inconfortables ou faire preuve d’assertivité face à ses pairs et aux adultes, pour ne nommer que celles-ci. Si les perceptions de votre enfant concernant son réseau social sont irréalistes, aidez-le à développer une vision plus appréciative et plus précise. Même si votre enfant possède un groupe d’amis ou des amis proches, il aura peut-être tendance à se comparer aux autres lorsqu’il désirera avoir plus de popularité ou plus de valorisation sociale. Comme l’autocritique est à son apogée pendant cette période, aider votre enfant à gérer ces évaluations et tentez d’influencer sa critique intérieure en remplaçant les idées négatives qu’il a de lui-même par des idées plus positives.

5. Encouragez les comportements sociaux

Il a été démontré que redonner à la société – en rendant des services aux autres ou en faisant du bénévolat – joue un rôle important dans l’estime de soi générale, particulièrement après avoir obtenu de la reconnaissance et de la gratitude en retour. Aider quelqu’un dans le besoin s’avère une bonne distraction de ses propres problèmes tout en étant une belle occasion de développer de nouvelles compétences. Aider quelqu’un nous fait sentir bien, nous donne une fonction, un sens et nous aide à nous intégrer socialement. En encourageant votre enfant à chercher ce genre d’occasion, en l’aidant à identifier des choses qui pour lui ont un sens, vous lui procurerez un sens de la fierté en plus de l’aider à développer son sentiment de valeur personnelle.

6. Surveillez l’utilisation de l’Internet

Avoir accès à l’Internet pendant l’adolescence – est-ce bien ou mauvais? C’est une question que plusieurs débattent. Certains affirment que cela aura une influence positive sur le bien-être de l’adolescent puisque les plateformes des réseaux sociaux lui serviront à créer de nouvelles amitiés, amélioreront son réseau de soutien social, diminueront sa solitude, l’aideront à relâcher la pression, lui procureront un sens de contrôle et d’accomplissement et favoriseront sa confiance. À l’inverse, d’autres personnes affirment que l’usage d’Internet a une influence négative sur la santé mentale de l’adolescent dans la mesure où son utilisation réduit considérablement les interactions en personne ce qui pourrait éventuellement mener à une déficience des habiletés sociales, à une diminution de la qualité des relations et à une augmentation de l’isolation sociale. Cela pourrait également engendrer une réduction de l’estime de soi à cause de la perception qu’il pourrait développer basée sur son nombre d’amis sur Facebook ou les personnes qui le suivent sur les réseaux sociaux, le nombre de « J’aime » qu’il reçoit, les commentaires et les partages dont ses publications font l’objet. La dépendance à l’Internet est un sujet qui suscite beaucoup de débats et d’attention, spécialement en ce qui concerne les adolescents qui passent beaucoup de temps devant leur écran, tant pour des raisons récréatives que sociales. Plusieurs le font au détriment de l’école, de la famille, du travail, de d’autres activités récréatives ou même, de contacts en personne avec les pairs.

Il est important d’établir des règles et des limites temporelles pour prévenir des dénouements négatifs. L’utilisation d’Internet à des fins éducatives devrait être considérée différemment que son utilisation à des fins récréatives ou sociales. Ainsi, vous devrez faire preuve de plus de flexibilité la fin de semaine que pendant les jours de semaine. Prenez le temps de vous informer sur la façon dont Facebook et les jeux en ligne sont créés pour rendre votre enfant dépendant et discutez-en avec lui. Suggérez à votre adolescent de télécharger l’application « Demetricator » destinée à supprimer toutes les données chiffrées sur Facebook ou encore « Moment », qui est une application qui enregistre le nombre de fois que la personne prend son téléphone et le temps qu’elle passe dessus au quotidien. Ces prises de conscience sont souvent suffisantes pour convaincre les utilisateurs de réduire leur temps d’écran. L’étape finale est de présenter le même comportement que vous voudriez que votre adolescent adopte. Déposez votre téléphone, regardez-le dans les yeux lorsque vous lui parlez et restez connecté à lui!

Écrit par: Lindi Ross, M.Ed, PPCC Centre de thérapie de Montréal